Une vente immobilière prend en moyenne 97 jours. Ce n'est presque jamais la faute de la banque.
Trois mois et demi entre le compromis et l'acte. Une grande partie de ce délai vient du dossier, pas de l'instruction bancaire. Ce que font différemment les agents qui vendent vite.
97 jours — c'est le délai médian entre la signature du compromis et la signature de l'acte authentique, d'après les données agrégées des études notariales sur les transactions récentes. Trois mois et demi pendant lesquels tout le monde attend.
Les agents, les vendeurs et les acheteurs pensent que ce délai est incompressible. C'est en partie vrai : l'instruction bancaire prend du temps, les organismes de garantie aussi. Mais ce qu'on sous-estime systématiquement, c'est la part du délai qui vient du dossier lui-même — pas de la banque.
Ce qui ralentit vraiment
Un DPE refait après le compromis parce que l'ancien datait de 2019 : +3 semaines. Un diagnostic amiante positif qui déclenche une contre-expertise : +4 semaines. Un PV d'AG introuvable parce que le vendeur a changé de syndic entre-temps : +2 semaines. Une attestation loi Carrez à refaire parce que des travaux non déclarés ont modifié la superficie : +1 semaine minimum, parfois beaucoup plus si ça génère une contestation.
Aucun de ces exemples n'est exceptionnel. Ce sont des situations que la plupart des agents actifs croisent plusieurs fois par an. Et dans chaque cas, le retard aurait pu être évité si le dossier avait été constitué avant la mise en vente — pas après le compromis.
Le compromis n'est pas le début du dossier
C'est là que la plupart des mandats perdent du temps. L'habitude, c'est de collecter les documents à mesure que les étapes avancent : le DPE à la signature du mandat, les diagnostics quand l'offre arrive, le PV d'AG quand le notaire le demande. Chaque document déclenche une attente.
La réalité, c'est que le notaire va demander l'ensemble du dossier technique au moment du compromis. Si vous ne l'avez pas complet à ce moment-là, le délai de 97 jours commence à courir sans que l'instruction bancaire soit encore ouverte — parce que certains notaires conditionnent l'envoi du dossier à la banque à la réception de l'ensemble des pièces.
Ce que les agents qui vendent vite font différemment
Ce n'est pas un secret de métier. Les agents qui ont les meilleurs taux de transformation — compromis signés rapidement après le mandat, actes conclus dans les délais prévus — ont tous en commun une chose : ils demandent les documents au moment du mandat, pas au moment de l'offre.
Un dossier complet à la date du compromis, c'est un signal fort pour le notaire, pour la banque et pour l'acheteur. Ça dit : ce vendeur est sérieux, ce bien est documenté, on peut aller vite. Et « aller vite » n'est pas neutre dans une transaction où beaucoup de choses peuvent changer entre le compromis et l'acte.
Le paradoxe du délai court
Un délai court bénéficie d'abord à l'acheteur — il se retrouve propriétaire plus tôt, ce qui compte quand il a un logement actuel à quitter ou un bail à ne pas renouveler. Mais il bénéficie aussi à l'agent, et pas seulement pour la commission.
Un dossier qui traîne est un dossier qui peut mourir. Un acheteur qui attend 4 mois peut trouver un autre bien. Un taux d'intérêt peut monter entre le compromis et l'acte et remettre en cause la capacité de financement. Une mutation professionnelle peut tomber. En raccourcissant le délai de vente, vous réduisez le risque que la vente ne se fasse pas — ce qui est probablement l'objectif le plus important de votre mission.